Préparation Mentale et sports
Espace d'échange, de réflexion, de découverte à propos de thèmes autours de la préparation mentale en sport : coaching, accompagnement, compétition, relation, émotions, outils, techniques...
mercredi 2 novembre 2011
lundi 24 octobre 2011
Lecture !
mercredi 1 juin 2011
Angle de vue
jeudi 3 mars 2011
Séminaire n°1 de préparation mentale
Comment la concrétiser et la maintenir dans le temps ?
L’implication dans la compétition :
Comment mettre en place et renforcer une stratégie d’immersion dans l’action ?
La satisfaction de la compétition :
Comment faire et/ou défaire les liens entre l’expérience passée, son ressenti et le futur objectif de réussite ?
Dates (six jours) : 20&21 oct. + 21&22 nov. + 23&24 jan 2012
mercredi 23 février 2011
Séminaire n°2 de préparation mentale
Dates (six jours) : 1&2 dec. + 19&20 jan. 2012 + 23&24 fév. 2012
mercredi 18 août 2010
La dimension mentale dans le sport de haut niveau
samedi 22 mai 2010
mercredi 10 mars 2010
L'erreur de Saint-Thomas !
Thomas, l’apôtre, ne croyant pas à la résurrection de Jésus-Christ aurait dit : « si je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt dans la marque du clou, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. » D’où l'origine de l'expression « je ne crois que ce que je vois » que nous avons pour habitude d’énoncer. Ce dicton nous invite à faire preuve de bon sens en nous signifiant que l'on n'est pas prêt à croire à tout.
En passant un jour à côté du fleuve, Nasreddine remarqua un attroupement. Il s'approcha et vit un homme en train de se noyer tout près du bord. Les gens lui criaient : « Donne-nous ta main ! Donne-nous ta main ! », mais l’homme continuait à avaler de l'eau et à se débattre désespérément, en refusant d'écouter les conseils. Nasreddine Hodja reconnu l'homme tout de suite. « Poussez-vous, dit-il aux autres, c'est mon voisin, j'ai le connais bien : il est tellement avare qu’il ne donne jamais rien. » Puis Nasreddine s’approcha du bord du fleuve et cria : « Voisin ! Prends ma main ! » Le voisin s’accrocha à la main tendue, sans hésiter, et fut sauvé de la noyade. [2]
« Nous employons souvent le mot-étiquette motivation à tort et à travers. Comme un mot fourre-tout qui semble tout expliquer, tout en n’expliquant rien du tout très clairement. Car lorsqu’une personne dit qu’elle n’était pas assez motivée, qu’elle a raté sa course par manque de motivation, elle a tout dit et rien dit !... Partons du concret ! Effectivement le temps du sportif et de l’entraîneur bat sans cesse au rythme des compétitions et des saisons sportives. Il y a toujours un avant, un pendant et un après compétition ! Une motivation avant l’action, une motivation pendant l’action et une motivation après l’action… Recadrer la notion de motivation par rapport à l’action permet de dégager ces trois notions fondamentales que sont l’envie, l’implication, la satisfaction. Avec l’aide de cette nouvelle formulation vous allez toucher du doigt qu’il est très facile de faire référence et/où d’imaginer des outils et interventions dans chacun des domaines afin de soutenir la motivation de ‘votre’ sportif. » [3]
« …Poursuivez dans cette quête de la confiance absolue en soi pour gagner et vous rejoindrez rapidement le club des grands perdants, et en continuant à appliquer les autres recettes de ce livre, vous serez bientôt champion toutes catégories. Qui vous a dit que la confiance en soi était nécessaire pour cela [réussir] ?... Personnellement, je ne crois pas que la confiance en soi soit nécessaire dans la performance et la réussite. Et je paraphraserai volontiers des commentaires classiques concernant le bonheur en le remplaçant par la confiance en soi : « Il faudrait se rendre compte, tout au contraire, que la recherche de la confiance en soi est illusoire n'étant au fond qu'une toxicomanie. Comme Aristote l'avait déjà montré, la confiance en soi n'est pas un but, la confiance en soi est le résultat de l'accomplissement d'un but. » Nous associons généralement le sentiment de confiance en soi avec la conscience de se savoir capable de réussir telles ou telles actions et de ressentir en soi cette capacité. Là aussi je tire la sonnette d’alarme. Si nous sommes capables d’une telle prise de conscience c’est que consciemment et plus certainement inconsciemment, nous faisons la part des choses entre ce que nous croyons pouvoir être capable de faire et ce que nous nous croyons incapable d’accomplir, c’est une excellente stratégie pour se fixer des limites ! » [4]
lundi 10 août 2009
Vers de nouvelles approches de la préparation mentale
Partie n°1
Partie n°2
Partie n°3
Dans une pratique de la PM, la question n'est donc pas tant de chercher à optimiser des habiletés mentales que mettre en lien l'action et l'expérience subjective (cf. une des propositions de l'octogramme de la PM, archive de mars 09). En développant chez le sportif sa conscience phénoménale (par exemple la capacité à percevoir et exprimer des pensées, des émotions, des ressenties jusqu'à présent pré-conscients) et sa conscience éthique (par exemple comment ses intentions l'amènent vers un mode d'existence orienté vers le faire et/ou l'être et/ou l'avoir) en rapport avec ses actions et décisions nous lui offrons la possibilité d'un mise en recul afin de mieux s'incarner dans l'action du moment : la compétition et/ou l'entraînement.
Comment procéder ? Toute la question est là ! C'est le programme d'étude et d'intervention que je me suis fixé pour cette année sur l'Unité de Préparation Mentale : programme combiné d'entraînement à la lucidité. Si l'explication des fondements méthodologiques est souvent complexe, la mise en oeuvre avec les sportifs reste pratique, simple et amusante. A suivre...
[1] Voir la théorie de l'énaction in L'inscription corporelle de l'esprit, F. Varela, 1993.
samedi 20 juin 2009
Entre action et réflexion
En persistant dans la dualité action/réflexion le risque est, dans nos représentations d’entraîneur et de sportif, de réduire l’action à l’intuition et la réflexion à la spéculation, abstraction et finalement dé-réalisation. Comme si en sport il n’y avait que deux manières opposées de pratiquer, l’une intuitive et une autre plus réfléchie, plus construite ou du moins plus élaborée sur le plan conscient. Ce dilemme s’exprime assez souvent chez les sportifs. Exemple de commentaires d’un sportif à ‘son’ entraîneur l’accompagnant à prendre conscience de plans stratégiques de gestion des combats adaptés à son profil : - c’est pas mon truc ça ! Ça c’est du Taekwondo scientifique ! Comme si ce travail de réflexion, d’analyse et d’appropriation aller tuer son intuition du combat.
Et s’il n’y avait pas de problème ? N’y aurait-il pas un espace, un concept, à ‘glisser’ dans l’opposition que nous entretenons, souvent à notre dépend, entre l’action et la réflexion ? L’enjeu peut être de taille car dans de nombreuses disciplines sportives les temps d’anticipation (de sa propre action en rapport avec l’action des autres et/ou des éléments) sont décisifs dans la performance. « En effet, le temps de l’anticipation est un temps qui mobilise de façon éminente notre aptitude attentionnelle et qui se trouve traversé par le rythme originairement affectif de l’attente (ses surprises, ses joies, ses frustrations) [2] . »
En introduisant l’attentionnalité entre (et/ou en superposition ?) le temps de l’action et le temps de la réflexion nous pouvons espérer nous confronter plus régulièrement à notre « expérience immédiate, à son intensité, à ses failles, à sa plasticité et à ses rythmes » et être à la fois plus proche de l’action, plus incarné, tout en développant une vigilance [3] qui nous maintienne hors ou à côté du champ des spéculations et enjeux que nous pouvons faire peser sur l’action, pour être finalement pleinement attentif (en pleine conscience ?) à celle-ci [4]. Pour revenir à plus concret, reprenons l’exemple du sportif ci-dessus : la proposition n’était donc pas de faire un TKD plus ‘réfléchie’ mais plus ‘attentif’ afin de donner plus de relief et plus de pertinence à l’action. Et nous avons, entraîneurs et sportifs, souvent tendance à perpétuer, à notre dépend, cette confusion entre d’une part l’interrogation du vécu, l’attentionalité de ce qui se passe dans nos chairs et avec nos chairs, et d’autre part une démarche d’analyse des hypothèses, des idées, des spéculation, bref une réflexion à propos du vécu ou pire des réflexions sur le vécu en cours. Dans en sens nous nous ancrons dans le corps qui agit (l’attention), dans l’autre nous risquons d’idéaliser et de dématérialiser le vécu (la réflexion). D’ailleurs, une partie de l’ambiguïté de l’usage du terme de « préparation mentale » dans la pratique d’une préparation mentale vient du fait que le champ d’intervention porte à la fois sur l’action, versus corps, et la réflexion [5] , versus esprit. Justement, une formation à l’intégration de la préparation mentale dans le quotidien des séances d’entraînement (pour les sportifs et les entraîneurs) aura comme fil rouge de développer l’attentionnalité.
J’ai régulièrement des demandes étiquetées problèmes de concentration. En réalité, je n’ai pas encore été confronté à un ‘vrai’ problème de concentration, c'est-à-dire à une absence de la capacité à focaliser et à maintenir de son attention. Car la question essentielle, au fond, est : « qu’est-ce qui est à même de nous rendre attentif ? » ; réponse brève : l’affect pré-conscient qui nous oriente vers l’objet de notre attention et l’intérêt que nous lui portons. Afin d’illustrer ce point, je me permets de reprendre en partie une discussion avec une sportive [6] :
- Un point précis me questionne : je suis archi nulle sur les "séances concentration", c'est à dire les séances techniques spécifiques (en canoë kayak). Par exemple sur ces séances il faut annoncer le temps (au centième près) que nous prendra un parcours ; ou bien améliorer, au fur et à mesure des répétitions, son temps de passage (pas si facile que ça sachant que toucher une porte à franchir représente 2 secondes de pénalités) ; ou bien être le plus régulier possible sur 4 à 5 répétitions d'un même parcours au centième près.... Quelle importance prennent les séances concentration face à la performance ? Parce que la concentration je l'ai en compétition mais pas sur ces séances : il m'arrive au départ d'un parcours d'oublier certains paramètres, de sortir complètement de la trajectoire établie,...
- Je perçois deux demandes, une explicite : les séances de concentration de votre discipline peuvent-elles être utiles pour améliorer votre performance ; une autre plus implicite : comprendre pourquoi (et comment ?) vous faites pour « avoir » de la concentration en compétition et pas (ou moins ?) en situation d’entraînement ?
Si nous considérons que la concentration est une orientation de notre attention, alors il est utile de savoir et de faire, ou d’avoir fait l’expérience, que nos capacités d’attentions dépendent étroitement de l’intérêt que nous éprouvons ou portons à ce que nous devons réaliser. Plus j’ai envie et plus cela sera important pour moi d’accomplir une action précise et plus j’accorderais de l’attention à ce que j’ai à faire. Dans un autre registre, il est intéressant de connaître aussi les différents éléments pouvant perturber les capacités d’attention : arriver au moment de l’action dans un état émotif intense hors contexte ; fatigue ; pression liée à la représentation de l’enjeu de la situation.
A priori, de votre commentaire sur votre état de concentration en compétition, vous semblez faire partie des personnes qui ressentent la compétition comme challenge, plutôt que comme un « danger », cela vous galvanise donc ? En revanche votre intérêt diminuant pour certaines tâches d’entraînement vous sollicitez moins vos capacités d’attention (ou trop de fatigue ?), d’où une moins bonne implication dans les exercices dits de concentration. Du coup, ne percevant pas l’intérêt de situations précises d’entraînement, vous vous privez, à un degré plus ou moins important, d’exercices susceptibles de vous faire progresser. Vous diminuez alors le rendement de ces ’entraînements et dans une certaine mesure l’optimisation de vos performances.
En quoi chaque exercice peut-il être important ? Pour faire quoi de mieux concrètement en compétition ? Pour quels effets ? Voilà quelques questions stimulantes à se poser avant les exercices. Cela implique également de connaître sur quoi porter son attention pour réussir telle ou telle consigne : l’environnement (quels indices ?) ; soi (mouvements, effort, rythme… ?) ; le temps (devant, plus loin ?) ; large/étroit ;… ? Toutes ces questions et les chemins que vous prendrez pour y répondre pourront vous aider à mieux vous impliquer, si vous le souhaitez. A priori le « problème » que vous décrivez n’est pas un problème de concentration à proprement parler.
Voilà pour les généralités. Pour affiner, sans faire d’interprétation ni de présupposition, il serait indispensable d’individualiser le diagnostic et les propositions. En quoi cette réponse peut-elle déjà vous apporter quelque chose ?
- Cette réflexion m'as apporté plusieurs réponses quant à :
* l'importance de ce type de séance dans une préparation terminale (compétition);
* comment utiliser ce type de séance pour préparer une échéance
* quelles méthodes utiliser pour recentrer son attention sur les éléments les plus pertinents de la performance demandé ("questions stimulantes")
* la raison des échecs répétés sur les séances "concentration"
Finalement je suis rassurée et tâcherai de ne pas m'emporter sur des détails afin de canaliser mon attention sur les éléments pertinents.
Développer son attentionnalité (sportif) et sa capacité à questionner le vécu (entraîneur) sont deux éléments primordiaux dans la construction perspicace de routines sportives et de stratégies de décision. Dans ce sens j’ai développé un outil, le X-cube, qui, couplé à un autre outil classique en communication, l’Index de Conscience, aide à interroger le vécu. La finalité étant de faire émerger, construire, améliorer les routines sportives. Ces deux outils sont présentés ici uniquement à titre informatif. Leurs usages sont décrits dans « le cycle de la motivation » [7].

Présentation simplifiée du X-Cube

Exploration de l'Index de Conscience
Nous voilà à la fin de cette réflexion. Merci de votre attention ! A l’action maintenant…
[1] Les philofables. Ed. Albin Michel, 2003
[2] Comprendre la phénoménologie. Une pratique concrète. N. Depraz, ed. Armand Colin, 2006
[3] "Comme soin de soi, présence à soi et souci de l’autre. Lucidité du corps". N. Depraz., ed Springer Verlag, 2007 [4] Dans son souci d’une phénoménologie pragmatique N. Depraz nous invite à nous approprier l’attention qui « nous reconduit à l’inscription concrète et incarnée de cette même expérience [notre expérience de sujet] dans l’examen minutieux de notre relation à nous même. C’est le fonctionnement en acte de notre esprit conscient, de nos états perceptifs, de nos qualités émotionnelles, la gestion de nos vécus temporels qui se trouve avec l’attention revisité c'est-à-dire aussi réenraciné dans notre corps. » Comprendre la phénoménologie. Une pratique concrète. N. Depraz, ed. Armand Colin, 2006
[5] Je vous invite à parcourir sur blog l’article « A propos de la préparation mentale » pour plus de détails. O. Guidi, 2009.
[6] Cf. groupe facebook « Préparation Mentale et sport »
[7] Le cycle de la motivation. Séminaire de préparation mentale T1, O. Guidi, ed. DuMental, 2008.
mardi 3 mars 2009
A propos de Préparation Mentale
Quelques éléments de réponses pour faire suite à l’intervention de Philippe Fleurance à propos de la préparation mentale. Prenant la position du praticien, je ne commenterai pas le côté explicatif et démonstratif de la nécessité de réinterroger la préparation mentale, notamment à partir de la question « qu’est-ce que le mental ». Il serait tout autant justifié de se poser les questions suivantes : « qu’est-ce que l’action ? », « qu’est-ce que le corps ? », « qu’est-ce que le monde ? ». Je n’entrerai donc pas dans ce débat là.[1]
Personnellement, je ne reconnais pas ma pratique dans la présentation d’une préparation mentale réduite au développement des habiletés mentales. Et comme bon nombre de praticiens (entraîneurs et/ou « préparateur mentaux »), l’évidence du terrain nous pousse à être de plus en plus sceptique vis-à-vis d’une conception par trop « mécaniste » de la performance et cela d’autant plus dans le champ du mental. Nous avons bien sûr un héritage culturel explicatif de ce phénomène actuel : celui de la prépondérance de la psychologie cognitive dans la préparation mentale que nous pouvons brièvement résumer aux schémas de pensées dualistes hérités de la logique Aristotélicienne et à la logique rationaliste et cartésienne héritée de Descartes.[2] Pourtant, il y a déjà plus d’un demi-siècle que des « penseurs » nous invitent à vivre le monde autrement qu’au travers des lunettes du dualisme et de la rationalité.
Pourquoi ce petit détour ? Toutes proportions gardées, j’aime à comparer la démarche de la préparation mentale avec celle de la médecine. Même si la médecine occidentale s’est élaborée grâce aux avancées scientifiques, force est de constater que des médecines traditionnelles, du fait de leurs efficacités constatées, à défaut d’être prouvées, sont de plus en plus intégrées dans les modes opératoires des médecins (acuponcture, ostéopathie, hypnose…). Il n’est pas indispensable de tout comprendre, ou bien d’attendre de comprendre comment ça fonctionne en vérité, pour produire du changement dans le sens d’une amélioration des conditions initiales (but de l’entraînement ?).
Donc, par une autre voie que Philippe Fleurance, celle des exigences du terrain (efficacités observables à court ou à moyen terme), je le rejoins complètement dans son constat en forme d’interrogation : « on peut donc se demander si l’approche « standard » actuelle de la préparation mentale est satisfaisante tant du côté de la modélisation du mental que des pratiques qu’elle génère. » Il est intéressant de noter que, dans le champ des psychothérapies, toutes les notions présentées par Philippe Fleurance sont déjà, depuis plus d’une trentaine d’année, au centre du débat et des pratiques.
Pour ma part, et c’est là l’objet de ma réponse, je tenais à présenter et partager le modèle que j’élabore pour m’orienter dans ma pratique de la préparation mentale (au sens le plus global, c'est-à-dire dépassant la seule prise en compte des habiletés mentales) : voir la figure suivante. Ce modèle permet de mettre en lien huit paradigmes indispensables à la prise en compte de la demande de « réussite » de l’individu sportif, afin de l’accompagner le plus individuellement possible et le plus efficacement possible. Ce modèle me guide également dans l’élaboration d’une démarche de formation et d’appropriation de la préparation mentale que je propose aux collègues entraîneurs. Je ne suis pas en capacité, par l’espace et le temps de rédaction de cette réponse, d’expliciter plus amplement l’intérêt du modèle autrement que par sa seule figuration. D’autre part, l’exploration de tous les liens et espaces entre les huit paradigmes principaux, afin de constituer un corpus de savoirs, savoir-faire, savoir-être et de démarches d’intervention, peut n’être jamais abouti.[3]
Figure 1 : l’octogramme de la préparation mentale
D’autre part, comme « systèmes d’aides à l’action contextualisée », et pour définir un cadre d’intervention, je propose d’identifier les zones du problème et/ou de la demande par rapport à l’objectif de réussite/accomplissement/victoire. L’identification des zones d’intervention (dans les relations et/ou les objets) permet de définir où se situe le problème, qui fait partie du problème et de déterminer la personne la plus apte à apporter une « solution » (ou celle qui renforcerait le problème). L’identification des zones d’intervention possibles oriente également le choix des approches.
Figure 2 : Le cadre d’intervention
Mais toutes ces réflexions ne sont que des mots ! Faire, s’entraîner à faire faire avec des outils concrets de préparation mentale, et ne faire appel à la compréhension des mécanismes uniquement lorsque le besoin s’en fera sentir : voilà la démarche des formations et interventions proposées par l’Unité de Préparation Mentale du CROPS[4] au CREPS PACA site d’Aix-en-Provence. Donner des clés afin d’intégrer au quotidien la préparation mentale dans les séances d’entraînement.
[1] Pour les plus désireux d’entre nous il existe une excellente et récente thèse de Yannick Vanpoulle qui propose un vaste tour d’horizon sur la question du « corps, conduite motrice et connaissance » (Doctorat d’épistémologie, octobre 2008).
[2] Cet héritage est encore aujourd’hui un frein pour beaucoup d’entre-nous, pour preuve les traductions françaises tardives, et souvent ignorées, de grands penseurs anglo-saxons qui dépassent ces freins culturels, comme F. Korzibski (écrit datant d’avant 1945 et traduit il y a peine plus d’une dizaine d’année) et Ch. Peirce (écrits datant du début du siècle derniers et traduit seulement à partir de 2002).
[3] Cf. principe de récursivité
[4] Centre Ressource d’Optimisation de la Performance Sportive, http://www.crops.fr/
mardi 24 février 2009
Femmes, entraînement et réussite sportive
La faible récolte de médailles féminines par les délégations Françaises aux JO de Pékin interpelle évidemment. Certains y voient objet à inquiétudes. Avec mon angle de vision, la dimension mentale dans la performance sportive, je ne trouve pas qu’il y ait lieu de s’inquiéter de ce manque de réussite chez les sportives. Pas plus, en tout cas, que le nombre de médailles annoncé (40) ait été obtenu par des personnes que l’on n’attendait pas. Loin de moi l'idée de régler la question de cette possible contre-performance des équipes féminines avec son corollaire d'entraînement, d'encadrement ou de management des filles.
[1] Freud. Nouvelles Conférences.
[4] Eric Fromm, dans Etre ou Avoir, nomme quant à lui cette part de nous même « activité non aliénée », c’est-à-dire que « je me ressens moi-même comme le sujet de mon activité. L’activité non aliénée est un processus qui donne naissance à quelque chose… »
[5] Toujours E. Fromm, pour qui cette partie de nous même n’est qu’affairement et activité aliénée avec laquelle « j’expérimente plutôt le résultat de mon activité, et cela, comme quelque chose qui est « là-bas », qui est séparé de moi, qui se dresse au-delà de moi et contre moi. »

